Singapour Airlines a ouvert la liaison directe Singapour-New York depuis le 11 octobre dernier. C’est le vol le plus long du monde et c’est le moment de l’essayer : pour environ S$1600 (sous conditions), vous pouvez vous offrir l’aller-retour Singapour New-York en vol direct avec Singapour Airlines en Premium -Economy. En business les prix sont aux alentours de S$7000.

Début novembre, j’ai pris place à bord de l’Airbus A350-900ULR (Ultra Long Range) SQ22 flambant neuf pour 18 heures de vol non-stop entre Singapour et New York en classe Premium-Economy. Je suis rentrée une semaine plus tard de la même façon par le SQ21.

Comme j’ai un vif souvenir d’une expérience comparable en durée – un Malaga-Paris en bus en 1986 (moins glamour certes)- je sais qu’aucun détail ne doit être négligé. Je suis donc heureuse de partager mes impressions et bons conseils avec vous, chers lecteurs.

L’avion décolle à l’aller à minuit 40 de Singapour pour une arrivée vers 6h du matin à New York (aéroport de Newark Liberty). Au retour nous décollons à 9h45 de New York pour une arrivée vers 17h à Singapour. L’horaire permet une correspondance à l’arrivée, en revanche au retour il est sage de passer la nuit précédente à Newark.

Quel siège choisir ?

Pour un lever de soleil sur Manhattan, choisissez des sièges à gauche de l’avion à l’aller. Vous serez alors baignés de soleil orangé avec vue sur la skyline pendant toute l’approche sur Newark pendant que les autres regarderont les embouteillages dans le New Jersey. Pour l’atterrissage, l’avion a tourné mais nous étions déjà un peu bas pour apprécier Manhattan. Au retour, le soleil est bien levé donc la vue sur Manhattan est moins impressionnante et le sens du décollage est probablement aléatoire. L’avion part ensuite vers le Nord Est.

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atterrissage Newark Liberty Airport

En premium economy : les meilleurs sièges sont 40 à 43 C ou H. Ce sont des sièges isolés sans voisin bénéficiant d’un coffre à bagage supplémentaire. Bien que situés à l’arrière de l’appareil, je n’ai constaté aucune gêne.

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Siege 43H

Pensez à

Votre hydratation : pensez à emporter du stick hydratant à lèvres sous peine de les voir se fissurer, éventuellement des gouttes pour les yeux et de la crème hydratante. La pochette de Singapour Airlines ne contient que des boules Quiès, masque, chaussettes (rouges antidérapantes) et une brosse à dent. Je l’ai trouvée bien moins chic et complète que celle d’Air France par exemple.

Votre circulation : avec 18h de vol, les bas de contention et des étirements sont les bienvenus. Au total on reste près de 19h dans l’avion.

Votre santé : plus on passe de temps dans un lieu public et plus on risque d’attraper un microbe. C’est un peu la saison des rhumes en ce moment donc prenez garde.

Vos loisirs : téléchargez quelques séries sur Netflix (iPhone et iPad), des playlists sur Deezer (ou autre plateforme de streaming. Le WiFi est disponible dans l’avion mais je ne l’ai pas testé.

Mon expérience

L’enregistrement : au comptoir business de Singapour Airlines à Changi : sourire-service-efficacité. Mes bagages ont été étiquetés jusqu’à leur destination finale à savoir Montréal. Dans tous les cas, il faut les reprendre à l’arrivée pour passer la douane puis les donner au comptoir des transferts de Newark. Cela se fait rapidement sans souci. Il est important de conserver le reçu des bagages pour l’enregistrement du vol suivant (sinon c’est l’horreur croyez-moi).

En vol

Le confort

L’avion est intime il comporte 161sièges au total dont 94 en classe Premium. Le plafond est assez haut, les hublots sont grands, la sensation est très agréable. Les sièges sont configurés en 2-4-2 (sauf pour les chanceux seuls à l’arrière). On est accueilli par une musique douce, mais une lumière bien blanche un peu agressive à minuit. Au retour, la lumière est franchement jolie avec des effets de couleur au plafond.

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SQ21 au départ de Newark.

Le siège est confortable et élégant en simili cuir gris anthracite souligné d’orange et bleu clair. Il s’incline en coulissant ce qui m’a permis de trouver une position relativement confortable. Lorsque le voisin de devant s’incline, l’espace se réduit mais reste quand même correct. L’écran est grand et le choix de film aussi. De plus avec deux ports USB, et une prise on est sûr de ne jamais manquer de batterie.

J’ai apprécié le repose-pied, mais pensez à demander un coussin de plus pour poser sur le repose jambe sinon il ne sert pas a grand chose car il est curieusement un peu bas. Il fait froid dans l’avion donc récupérez aussi une couverture de plus ou emportez une doudoune. J’ai regretté de ne pas avoir pris de coussin tour de cou.

Le service

Les hôtesses et stewards sont discrets et efficaces, personne ne jacasse dans l’office. Serviettes chaudes et champagne sont rapidement offerts. Puis un dîner chaud est servi malheureusement (au départ de Singapour) vers 2h du matin quand on lutte pour ne pas s’endormir (attention il est 13h à New York). Ensuite, tout le monde s’écroule et la fatigue aidant, j’ai bien dormi 6 heures d’affilée. J’ai trouvé un peu juste le service de (très bon) café et pizza végétarienne vers 10h (Sing time) puis le petit déjeuner en arrivant à Newark (17h à Singapour). Donc finalement pas beaucoup plus que sur un vol Singapour Paris qui dure pourtant 6h de moins. C’est efficace pour le décalage horaire mais un peu juste pour mon estomac qui crie famine à midi. Comme des sandwiches, fruits et des snacks sont disponibles pendant tout le vol dans l’office, j’ai finalement pu me nourrir tout en faisant quelques étirements.

Mais par où passe-t-on ?

C’est un peu troublant! L’itinéraire affiché sur l’écran ne correspond pas au trajet effectivement suivi: il est constamment corrigé pendant le voyage. L’avion prend systématiquement un autre chemin que celui indiqué sur l’écran. C’est comme un (très long) running gag. On imagine la conversation dans le cockpit :

« regarde: il faut partir plein nord et passer par Phuket, Irkustk, Cape Dorset et Poste de la Baleine. »

-mais non je connais le chemin on longe la côte jusqu’au nord du Japon et là on traverse par Petropaslovsk Kamchatsky (répétez après moi) jusqu’à l’Alaska puis le Canada et les grands lacs. »

SQ22-route-du-nord
Route du Nord

Au retour :

« regarde il faut aller plein nord.

– No lah ! Alamak je te dis que je vais passer par St Pierre et Miquelon puis prendre au nord de Dunkerque et continuer par l’Afghanistan et l’Irak comme quand je rentre de chez mes copains en Europe. »

Toute ressemblance avec des personnes existantes ou ayant déjà existé serait purement fortuite.

J’ai fait le tour du monde ! A l’aller en remontant toute la côte Est de la Chine puis du Japon et en survolant l’Alaska et le Canada jusqu’au New Jersey puis au retour en partant plein Ouest vers le Groenland puis l’Europe (magnifique survol de Dunkerque de nuit) puis le chemin habituel que nous prenons dans un Paris Singapour.

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SQ22 : itinéraire Singapour -Newark
source Flight aware
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SQ21 itinéraire Newark-Singapour
source Flightaware

Mon expérience

Mais comment s’occuper? : les films bien sûr avec beaucoup de films français disponibles et des blockbusters américains, les séries Netflix que j’avais préenregistrées sur mon iPhone. Les jeux : ma voisine de devant a passé environ 8h à jouer au poker, les aller-retours vers l’office et les (très étroites) toilettes, retouches de photos sur mon ordinateur, musique, sieste…regardons l’itinéraire à nouveau, où sommes nous ?

L’écran devient hypnotique. Je jette un regard discret sur les autres passagers : nous sommes tous transformés en zombies

…le temps passe…lentement…Une lumière rosée s’étend dans la cabine.

Je regarde par le hublot (bien grand): encore 1h30 de vol, nous survolons les grands lacs : Supérieur, Michigan , Erié, Ontario…il en manque un…je regarde Montréal de loin (c’est ma destination finale) et…

ENFIN le pilote (cet amour) prononce la phrase magique « we shall begin our descent » Sonnez hautbois résonnez musettes…en fait nous écoutons de la musique jazz ils n’ont pas osé Sinatra.

L’arrivée

L’arrivée à Newark s’est bien passée sans trop d’attente à la police. Les bagages m’attendent déjà. Je les récupère et les dépose immédiatement aux agents de correspondance.

Pour le vol retour, il y a un aéropage d’hôtesses et steward pour le check-in au comptoir Singapore Airlines et aucune attente, mais j’étais vraiment en avance. Le passage de la sécurité m’a pris environ 15 minutes mais il y avait peu de monde. À noter, les business class et frequent flyer gold ont accès au lounge de Virgin du terminal B mais pas les Premium (c’est moche).

Le décalage horaire : que dire ? Il est bien présent malheureusement, mais je me suis sentie beaucoup moins fatiguée que lors des voyages avec correspondance en Europe.

En conclusion

Il vaut mieux ne pas avoir peur de s’ennuyer un peu ou être adepte des somnifères pour prendre ce vol somme toute assez classique. Il se distingue par la qualité du service de Singapour Airlines et le confort de l’avion : les sièges sont confortables, les hublots sont grands, la cabine est à taille humaine. Si vous allez à New York, vous gagnerez du temps et serez moins fatigué qu’en vous arrêtant pour une correspondance. Et VOUS FEREZ LE TOUR DU MONDE!

Valerie Mahieddine

2 Commentaires

  1. Valerie,
    Très bien détaillé ton expérience Singapour/New York. Ça donne envie d’aller vous visiter
    Félicitation!
    Sylvie , Daniel

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