Inévitable. Quand on habite à Sentosa, qu’on travaille de chez soi avec la vue sur les bateaux et les pontons, qu’on se laisse pousser les cheveux façon Florence Artaud depuis le début de la pandémie, (je sais, je vous parle d’un temps que les moins de 20 ans… ), quand on est fan de Corto Maltese depuis toujours…au bout d’un moment, ça démange.

J’ai des envies d’évasion, de plages désertes, de vent dans les cheveux ! Donc c’est parti ! Je nous offre à Chéri (qui est moyennement motivé car malade en bateau) et à moi les deux jours de formation initiale, à Sentosa One15, évidemment, pour préparer le Powered Pleasure Craft Driving Licence: le PPCDL ou permis bateau singapourien.

Pour avoir votre PPCDL, vous devez:

  • Faire 2 jours de formation dans un des yachts clubs de Singapour: Republic of Singapore Yacht Club (RSYC), Changi Sailing Club, Sentosa One15, SAF Yacht Club, Singapore Power Boat Association (SPBA)…
  • Passer une visite médicale
  • Réussir l’épreuve théorique
  • Réussir l’épreuve pratique et répondre à quelques questions orales

Formation initiale

Ces deux jours couvrent la formation théorique et pratique. Elle est proposée à Sentosa One15 ou dans un autre yacht club, vous pouvez vous inscrire en ligne ici: 

http://asianyachtingacademy.com/powered-pleasure-craft-driving-licence-course-ppcdl/

Un week-end studieux

Si c’était à refaire, Chéri prendrait le cours à RSYC pour se familiariser avec le site, qui est celui où l’on passe l’épreuve pratique. Personnellement, j’ai bien aimé Terence Chua, le formateur à Sentosa One15, qui est l’un des auteurs du livre du code singapourien pour la marine de plaisance, et un ancien marin de la marine marchande.

Nous nous retrouvons donc un samedi matin de mars à 8h30 dans un groupe de nationalités variées, la moitié étant propriétaires de bateau à Singapour. On nous distribue le PPCDL Course Handbook, qui est le code maritime de Singapour, et bientôt, les cornes de brume, bouées, phares et autres balises n’ont plus aucun secret pour nous. Pause d’une heure au déjeuner, et c’est reparti pour 2 heures de cours théorique. À 16h, munis de notre gilet de sauvetage, nous démarrons les cours pratiques sur un petit bateau, 4 par bateau, masqués et avec un instructeur.

Il s’agit de nous préparer pour l’épreuve pratique qui consiste à savoir naviguer, ralentir, accélérer, reculer, tenir un cap, mais aussi accoster doucement, sauver un homme (ou une femme) à la mer, amarrer le bateau etc.

On oublie Babord et Tribord. Place à Port Side et Starboard Side

Le lendemain dimanche, même chose, cours théoriques à partir de 8h30 et cours pratiques de 16h à 19h30.

Avant de partir, Terence nous remet nos certificats d’assiduité et nous annonce qu’il a retenu un créneau pour passer le code pour tout le groupe. On a dix jours pour nous préparer et passer la visite médicale pour la vue. Dommage donc pour les daltoniens qui ne peuvent pas passer ce permis, mais OK si vous avez une mobilité des jambes réduite.

Chéri et moi bossons comme des malades, on s’interroge mutuellement et on s’entraine sur le site Singapore Tests, le même pour s’entrainer au BTT (le Basic Theory Test que vous avez passé pour avoir votre permis de conduire une voiture à Singapour).

Epreuves théorique et pratique

La théorie

Le test a lieu un lundi soir à 20h dans les locaux de Singapore Polytechnic, qui abrite la Singapore Maritime Academy. Il y a 30 questions et il faut faire moins de 4 fautes. Tout le groupe réussit et on se congratule tous mutuellement.

L’entrainement pratique

Maintenant, il faut réserver un créneau pour passer l’épreuve pratique. Il y a tellement de demandes que la première date disponible est en juin ! À croire que tout le monde a besoin d’évasion. Un vrai boom dans les inscriptions pour passer le PPCDL!

L’appel du large

Comme nous n’avons pas de bateau, il nous faut nous exercer et pratiquer sur le site de l’examen, au RSYC. Terence nous recommande le Major Lim, un ancien de la marine militaire. On peut réserver des créneaux avec lui via theboatshopasia.com, on réserve le bateau en même temps. Je recommande chaudement le major qui est un excellent pédagogue et qui connait toutes les ficelles et marottes des examinateurs.

Et soudain, patatras ! Un cas de COVID est détecté à Singapore Polytechnic. Toutes les épreuves pratiques sont reportées sine die ! Oui, je confirme, l’épreuve pratique a bien lieu en extérieur. CommeRSYC a des employés en commun avec Singapore Polytechnic (4 km entre les 2 sites), on ne peut pas s’y entrainer car il faut désinfecter le site. Perplexité de ma part : comment on désinfecte un yacht club? Et les quais, les pontons, les bateaux ?

Bon, qu’à cela ne tienne, on va s’entrainer au SAFYC à … Sembawang en attendant de connaitre nos nouvelles dates d’examen. Or, Sembawang, c’est au bout du bout de Singapour, après les dortoirs des travailleurs étrangers. Et c’est pas du tout glamour pour un yacht club.

Enfin, la date d’examen tombe : en août !

Ouf, on peut à nouveau d’entrainer au RSYC.

Ma bête noire, c’est l’accostage. J’ai une tendance à mal exécuter la séquence des manœuvres à faire, et à heurter un peu violemment le quai. Chéri, lui se débrouille très bien.

L’épreuve pratique

Enfin, l’épreuve pratique arrive, un dimanche matin. Je sauve les meubles sur la partie pratique, toutes mes manœuvres sont passables, même l’accostage. Je suis donc éligible à passer l’oral. Et là je m’embourbe bien en confondant les tables des marées pour calculer la longueur de la chaine pour ancrer le bateau. Je finis par m’en sortir avec 17 demerit points, avec 20, j’étais recalée ! Je récupère mon certificat, il n’y a plus qu’à s’inscrire en ligne pour demander à recevoir le fameux permis en 2 jours par courrier.

Le Permis

Ce permis est reconnu à Singapour, dans les pays du Commonwealth et en Indonésie, Malaisie, Thaïlande. Il permet de piloter un bateau de plaisance jusqu’à 24 mètres de long.

Et après?

Après une parenthèse en France en septembre, me voici de retour à Singapour, et les options suivantes se présentent :

  • Transformer le permis singapourien en permis international avec une journée de cours supplémentaires
  • Louer un bateau pour aller dans les iles Sisters, Kusu, St John, Lazarus
  • Et peut-être… acheter un bateau

Mais, ceci est une autre histoire !

Marie-Hélène Mansard

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