C’était il y a un an. Le Japon nous fascinait… Nous n’étions pas les seuls!
Après les questions existentielles : « ils parlent anglais là-bas? ça coûte pas un bras? et hors-saison, ça vaut le coup? »
Nous nous sommes décidés à partir en famille.Début mars, juste avant les cerisiers en fleurs de Sakura. Pour le classique des classiques : Kyoto-Tokyo.
Sur 8 jours… Un poil court. Mais en taillant l’agenda façon bonsaï, avec une préparation minutieuse, ça passe. Et que de souvenirs au final!
Fébriles au départ, nous sommes rentrés emballés. Lost in love with Japan.
Ce qui nous a fait craquer ?
Parmi tant d’autres, ces quelques instantanés…

À Kyoto

La machiya où nous étions logés. Dans une petite rue, la maison traditionnelle en bois à un étage (style shophouse) avec les panneaux coulissants en papier, les tatamis, les futons qu’on déroule le soir, le mini-jardin zen et la table à thé chauffante… Une expérience merveilleuse. Peut-être pas celle des ryokan (chambres d’hôtes), mais qui vous plonge déjà dans l’art de vivre japonais.

– Le Gingakuji (le pavillon d’Argent), son pavillon et ses jardins… taillés à la main ! Un lieu où la zénitude règne. Tout proche de la montagne et à quelques pas du petit temple Shoren-In, calme et dépouillé, où profiter d’un cadre enchanteur avant de descendre le long du chemin de la Philosophie.

Le Pavillon d’Argent

Le quartier de Gion. La carte postale, celle du Kyoto charmant qui fait rêver les touristes et où posent les jeunes mariés. N’empêche que le « quartier des geishas » (qu’on ne croise pas en hiver) reste bien séduisant avec ses petites rues préservées. Vide le matin, une bonne heure pour y goûter sereinement.

Fushi-Imari

Le sanctuaire Fushi-Imari. Le site qui fait la Une d’Insta’ et des guides. Et pour cause ! C’est vraiment un must. Des centaines de portes rouges (torii) qui grimpent dur jusqu’au sommet de la colline, sur un chemin jalonné de marches de pierres, d’autels, de statues. Magnifique, idéal tôt le matin ou à la tombée de la nuit quand la foule s’est dissipée.

– Le musée international du Manga.  Où l’on a saisi à quel point le pays était fan du genre. Une véritable bibliothèque. Pour les connaisseurs qui lisent le japonais. Peu d’explications, des murs entiers de bouquins classés par années de publication. À l’étage, une petite galerie où sont exposées les mains en plâtre de célèbres mangakas du monde entier. Cocorrico !! On y a retrouvé Pénélope Bagieu, Emmanuel Lepage, Moebius, Riad Sattouf…. Le week-end, il y a parfois possibilité de se faire tirer le portrait par un mangaka.

– Le Kyoto Railway Museum. Boudé par les visiteurs étrangers… qui ratent quelque chose! Un site énorme avec une gare de triage, une centaine de wagons, de locos d’époque, de caténaires… Où l’on peut conduire un Shinkansen (en faux), grimper dans un train à vapeur (en vrai) et assister à un show de circuit électrique géant. Attention tout est écrit en japonais, penser à l’appli de trad’.

Le Kyoto Museum of Crafts and Design, où l’on peut tranquillement admirer quelques-uns des trésors de l’artisanat traditionnel : laques, ombrelles, tissus brodés, couteaux, art du papier, instruments… Avec la possibilité de poursuivre en s’inscrivant à un workshop en ville, via la plateforme du musée. Nous avons visité et testé l’atelier du dernier fabricant de koma (toupie en coton) du pays. Gros succès.

La toupie, un art qui paraît désuet. Et pourtant ultra-technique. Ici réalisée en tissu de kimono.

Le voyage en Shinkansen

Royal ! Le fameux TGV qui traverse une partie du pays et permet de rallier Kyoto-Tokyo en 2h, avec aperçu du Mont Fuji sur la route.
Plaisir d’un voyage ultra-confort, sans grève, ni retard, poubelle pas vidée, odeurs de vomi ou bambins en colo…
Départ pile à l’heure après le passage express d’une armée de nettoyeurs en uniforme. Sièges moelleux, de l’espace pour les jambes (mieux que dans notre 1ère classe). Pas un bruit. Pas d’effluves munster-cornichon pour le déjeuner.
Juste un bento délicieux acheté en gare. Taillé pile-poil pour la tablette du siège.

À Tokyo

– Le métro ! Où un délicat chant d’oiseaux remplace le tuuuuu strident du métro parisien.
Où à l’heure de pointe, la foule se constitue en rangées parfaitement alignées. Sans un mot. Le rêve.

– Le quartier d’Akihabara. Avec sa bordée de buildings aux néons clignotants, où les gamers de tout âge s’envoient de la console à tous les étages jusqu’à pas d’heure. Ados morts de rire quand maman s’essaye aux manettes chez Hey. Avant qu’elle prenne sa revanche sur Pacman et une Game-Boy bien vintage de chez Super Potato.

Akihabara, temple des gamers

– Le musée national. Si riche qu’il a fallu choisir entre les pavillons à visiter, timing oblige. Le pavillon Honkai – des arts japonais – nous a séduits. Les paravents, les estampes, les costumes de samouraï, les laques, les sculptures. La boutique aussi….

– Les nombreux sanctuaires, dont le célèbre Meiji-Jingu. Où l’on a aperçu, stupéfaits, des fûts de saké côtoyant…. des tonneaux de Bourgogne! Et le Yushima Tenmangu, discret et méconnu, où 300 pruniers fleurissent chaque année, juste avant sakura.

La Takeshita Street et le quartier Harajuku, fétiche et repère de la culture cosplay. Où l’on s’est retrouvés hypnotisés devant la jeunesse habillée en anime qui s’achetait sucreries et babioles kawai (traduisez mignons, choux).

– Les pépites du quartier Ginza. Où notre porte-monnaie s’est délesté d’un paquet de yens dans les bouquins de la librairie Tsutaya, dans le grand magasin Ginza Six et la célèbre carterie Itoya: papers, pinceaux, crayons, cahiers… Six étages de tentation pure !

– Le théâtre Kabukiza. Où maman s’est offert le summum du chic : un bout de spectacle (car l’intégrale dure une grosse demi-journée). Véritable choc culturel, esthétique, conceptuel. Tout est dans le costume, le jeu, le visage, la posture (parfois immobile) des comédiens 100% masculins. Les ados (et leur père!) n’ont pas regretté d’être partis s’amuser ailleurs pendant ce temps là.

Le Kabuki-za

– Le New-York Bar, de nuit. Perché au 59e étage de l’hôtel Hayatt (quartier Shinjuku). Où nous avons rejoué la scène mythique de Lost in Translation de Sofia Coppola, face au spectacle d’un Tokyo illuminé. Attention il y a un droit de table et le lieu est interdit aux -de 20 ans.

– Le musée Ghibli. Où l’on a plongé avec délice dans l’univers de Miyazaki, véritable artisan du dessin-animé, à la découverte de son univers : réplique de sa chambre, sa table de travail, son atelier, ses sources d’inspirations, ses premières bobines, les palettes de couleurs, ses premières planches...
Attention, musée situé en dehors de la ville (à Mitaka). Réservation obligatoire. Non réalisable depuis l’étranger, quelqu’un doit s’en charger pour vous sur place (ex-un guide)

Et puis les charmes…. 

…. Du taxi à l’ancienne qui arbore des napperons de dentelle sur les sièges en cuir des passagers. Certains chauffeurs portent même encore les gants pour conduire. On est bien loin du « Delgro pandan » de Singap’!

Des kimonos incroyables croisés dans la rue, portés pour visiter un sanctuaire, enterrer une vie de jeune fille, poser en jeune mariée, prendre le thé chez une amie (d’un certain âge), assister au Kabuki du soir… Les plus précieux, réalisés en soie, valent le prix d’une voiture!

Voyez un peu ces couleurs et ce noeud madame

… Du paquet emballé selon l’art légendaire du Furoshiki, quelle que soit la boutique. Même au marché, c’est une œuvre d’art.

… Des 1001 petites boutiques d’art où l’on vend estampes, papier washi, éventails, cerfs-volants, poupées traditionnelles et peignes pour le kabuki.

… Et, bien sûr, de la gastronomie japonaise : boulangeries délicieuses, pâtisseries inattendues à base de haricots rouges et matcha, izakayas minuscules, comptoirs sous les rails du train, restaus de sobas, ramen délicieux quel que soit le prix, restaus de sushis tournants où la facture se monte à la pile d’assiettes, étals ultra-frais des marchés aux poissons Nishiki (Kyoto) et Tsukiji (Kyoto).

Attention les mains

En pratique, pour préparer son voyage:

  • Les infos:
    Ce n’est pas les infos sur le Japon qui manquent ! Le plus difficile c’est de choisir et de les trier…
    Sur le web, on trouve des centaines de pages avec itinéraires et conseils visites. Nous avons écumé celui l’Office du Tourisme, celui de Truly Tokyo, celui d’Inside Kyoto et de Kanpai.
    En version papier, pléthore de guides. Pour les Français, l’excellent guide vert Michelin vient d’être mis à jour.
    Bon à savoir : La préparation d’un voyage au Japon (surtout en famille) demande du temps et de bien se renseigner. Evidemment si vous n’avez ni le temps ni l’envie, mieux vaut passer par les groupes d’expats locaux et les agences de voyage (locales qui sont moins chères).
  • Les vols:
    6h depuis Singapour. Beaucoup de choix.
    Outre SQ et Japan Airlines, les compagnies Zip Air (sa filiale low-cost) et Scoot sont pratiques pour Tokyo et Osaka. À l’arrivée, on rejoint facilement les villes en train, bus, navette et métro.
    NB : Tokyo a deux aéroports internationaux. Haneda, le plus proche. Et Narita, le plus loin, où débarquent en général les vols low-cost.
    De là on peut rejoindre la capitale en taxi, en navette ou par le train Narita Express qui débarque à Tokyo Station. Très pratique.
  • Les hébergements:
    Hôtels, Ryokan (chambre d’hôtes traditionnelles), maison traditionnelles, appartements…. Gigantesque offre sur les plateformes classiques. À Tokyo comme à Kyoto, à choisir dans des quartiers centraux et/ou bien connectés aux transports.
    En saison, les prix grimpent. Et les places se font rares.
    Bon à savoir : au Japon, il existe encore des restaurants et chambres d’hôtels fumeurs ! Si vous ne supportez pas l’odeur du tabac, faites bien attention quand vous choisissez votre chambre.
  • Les transports intérieurs :
    Shinkansen, l’équivalent du TGV, pour relier Tokyo-Kyoto. Nombreux et fréquents, mais bien penser à réserver en saison.
    Réseau trains, métros et bus à Tokyo et Kyoto : penser à acheter des pass, plus économiques que les billets, et qui peuvent parfois s’utiliser d’une région à l’autre (Pass SUICA à Tokyo / ICOCA à Kyoto)
  • Sur place :
    – Bon à savoir
    La plupart des infos touristiques sont traduites en anglais. Mais sur place, l’appli de traduction reste très utile!!! Surtout si vous aimez vous balader dans les petits quartiers isolés, flâner dans les petites boutiques, ou entamer une conversation avec les plus anciens.
    – Organisation – retour d’expérience :
    Pour faciliter nos arrivées à Kyoto et à Tokyo, nous avons opté pour le premier jour avec un guide privé qui nous a permis d’avoir une intro de la ville, de son fonctionnement et un aperçu des sites emblématiques. Les jours suivants, nous avons poursuivi en solo.
    (guide réservé sur la plateforme Gowithguide, mais il en existe bien d’autres dont les Greeters de l’Office du Tourisme)

LdR

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