Le Grand Prix F1 de Singapour vu de l’intérieur.

Nous nous sommes glissés dans la peau d’un pilote! Pour nos fidèles lecteurs nous sommes partis à la rencontre d’un champion des circuits qui a eu la chance de pratiquer celui de Singapour en course d’ouverture Porsche Cup a long time ago… c’est à dire tout au début du Grand Prix de Singapour.

Nous y sommes presque
On se prépare, J-2

Un peu d’histoire

Si le premier Grand Prix de F1 s’est installé à Singapour en septembre 1961, il s’est d’abord appelé «Grand Prix de Malaisie» et le circuit se situait sur Thomson Road. À partir de 1966, indépendance oblige il est rebaptisé «Grand Prix de Singapour».

Il a fallu ensuite attendre 2008 que le Grand Prix F1 de Singapour tel que nous le connaissons voit le jour.

Tout premier Grand Prix de nuit.

Cet évènement qui s’est renouvelé annuellement avec succès est devenu la principale attraction touristique du pays. Il a permis à Singapour de se placer en tête des destinations touristiques de la région 

Autant vous dire que la première édition ne s’est pas déroulée sans frottements. On se souvient encore de l’embouteillage géant qu’avait créé la fermeture du bas de la ville dès le jeudi soir et de ces cadres sup qui ne sont arrivés à leur dîner qu’après minuit. 

Le gouvernement et l’office du tourisme ont pris des mesures et tout est maintenant en place pour qu’un tel capharnaüm ne se reproduise pas. On vous proposera le télétravail cette semaine si vous avez vos bureaux dans le CBD et surtout laissez votre Toyota à la maison.

Si vous n’êtes pas amateur de circuits et de courses.

Vous avez la possibilité de déguster l’évènement autrement. Notre conseil: les musées sont vides ces jours-là et difficilement accessibles, mais aller suivre une visite guidée le vendredi soir avec les grondements des moteurs V6 hybrides comme sonate de fond en transportera plus d’un dans une nouvelle dimension. Le cocktail Siddhartha Gautama (bouddha) à la sauce F1, on a testé, c’est top.

Marier l’art et le sport automobile n’est pas nouveau, plusieurs s’y sont essayé avec des Art car comme celles des 24h du Mans avec Alexander Calder, Jeff koons ou Fernando Costa.

la Art Car de Fernando Costa
Fernando Costa Art Car

Singapour un circuit très particulier:

Ce qui nous vient immédiatement à l’esprit, à nous, pauvres béotiens, c’est la nuit et son mystère, la chaleur moite qui nous encouragerait plutôt à aller siroter un Singapour sling au bord de la piscine du Raffles tout frais ré-ouvert. Mais boire ou conduire, il faut choisir

A la même question posée à un vrai pilote,

Un dingue de course et féru de pilotage, apporte une réponse toute différente. Bien sûr il s’agit d’un circuit de ville et dans cette catégorie on ne compte en plus de Singapour que Monaco et Bakou. C’est également un circuit très court.

Singapour se caractérise encore par son sens giratoire inverse des aiguilles d’une montre, une rareté. Un choix imposé par la configuration des pit-stop notamment- rien de sportif ou de technique dans ces caractéristiques.

bolide rouge dans les rues de Singapour

Un circuit beaucoup moins rapide que les autres

En terme de pilotage, le circuit est précis: peu de grandes lignes droites avec une vitesse maximum de 323km/h là où Monza (pour ceux qui suivent, la course de F1 de la semaine dernière) monte à 360 et une vitesse moyenne de 180km/h contre 263 à Monza.

Selon les années, les favoris sont les écuries qui ont travaillé les qualités techniques de leurs engins. Il faut de l’agilité dans le pilotage et dans les moyens mécaniques pour bien se tenir à Singapour.

Pour un pilote, le circuit ne présente pas un challenge particulier. Il n’est pas réellement dangereux car relativement lent et court.

Et on ne s’y double pas.

Pour gagner le Grand Prix F1 de Singapour il faudra aller très vite lors des qualifications afin de partir en bonne position sur la grille de départ 

La nuit a pu représenter une performance à une époque, mais les éclairages modernes ont gommé la difficulté.

Quand on pilote un de ces bolide on ne voit ni paysages ni immeubles. Sur ce circuit là, on ne voit que des murs et des grillages. Aucune perspective et l’objectif est de ne pas toucher le mur car il n’y a pas d’échappatoire en cas d’accident.

Essais libres F1 : vendredi et samedi

Qualifications F1: samedi de 21h à 22h

Parade des coureurs: dimanche à 18h30

Grand Prix: dimanche de 20h10 à 22h10

61 tours

La chaleur représente un véritable challenge.

Je m’explique…ça n’est pas tant les degrés sur le thermomètre en ville, que la chaleur exprimée par le moteur et le pilotage. En effet, ces voitures de course sont comme des ailes d’avion à l’envers: à 200km/h vous pouvez rouler sur n’importe quel plafond la tête en bas… cette action génère plus de poussée que de poids. Cet effet aérodynamique crée une bulle d’air autour des pilotes, ce qui les préserve de la chaleur sauf quand ils ralentissent.

Les F1 sont ouvertes et il passe suffisamment d’air pour rafraîchir le pilote.

Toutefois il faut se méfier de l’humidité qui augmente la déshydratation par la transpiration. Les pilotes s’hydratent sans s’arrêter mais perdent 4kg de transpiration le temps d’une course. Et si les autos sont fermées, ce qui est le cas en Porsche cup (pendant la course d’ouverture), il fait rapidement 70 degrés dans l’habitacle.

Qué calor!

Pour rendre l’ensemble un peu plus difficile, les pilotes subissent des pressions terribles: à chaque freinage le pilote applique sur les freins en carbone de son bolide, une pression de 90 à 100kg sur la pédale. Cet exercice en soit réchauffe agréablement son homme.

À chaque accélération ou virage, le même pilote subit 4 à 5 G, ce qui représente 4 à 5 fois son poids en force latérale. La musculature nécessaire pour subir un tel traitement transforme le cou des pilotes en véritable tronc.

le pilote Ricciardo et son cou incroyable
Daniel Ricciardo

Pour supporter ces conditions extrêmes pendant deux heures d’affilée, il faut être un véritable athlète, suivre un entraînement très régulier, extrêmement exigeant et une hygiène de vie exemplaire.

Les pilotes sont des mécaniques de précision à la hauteur de leurs montures.

Dès que le dernier compétiteur est passé, des équipes de travailleurs acharnés et super organisés, sans perdre une seconde, font disparaître tous les plots, les murets et les contours du circuit si bien qu’à 6h lundi, les premiers automobilistes ensommeillés qui rejoignent leur bureau dans le CBD ont la possibilité de se prendre pour Fangio en roulant sur les traces encore chaudes des champions. Les décorations de gomme laissées par l’événement mettront quelques semaines à s’estomper.

En définitif, ce qui rend l’expérience de Singapour tellement particulière, et tous les pilotes pourront vous le dire, c’est qu’il n’y a qu’à Singapour qu’on se rend sur le circuit en MRT!

Et en ce sens, nous sommes tous un peu des pilotes de F1 à Singapour…

Un grand merci à Ariane et ses visites guidées de Singapour sur Seine ainsi qu’à notre pilote préféré.

Sophie Merlin

Le site du Grand Prix de Singapour : https://singaporegp.sg/en

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